Africain qui es-tu ? Qu’est-ce qu’un Africain pour les autres, pour moi en tant qu’africain ? C’est par ces mots que l’abbé Xavier Ngandoul, docteur en théologie, invité par Aude Bernard, titulaire de la chaire Jean Rodhain de Toulouse débute sa conférence lundi 8 septembre dans les locaux de l’iCT.
En Afrique, la personne ne peut être comprise hors de sa communauté ; l’être humain devient humain à travers la famille, le clan, le groupe social. L’individu doit accepter les devoirs pour bénéficier des droits. L’homme n’est rien sans son monde. La famille élargie s’étend sur plusieurs générations. Le point de départ c’est le mariage, dont le caractère est sacré… le célibat n’existe pas, les relations incestueuses sont prohibées. Des rites assument une relation pacifique, et cherchent à conjurer le mauvais sort.
Dans la cosmologie africaine, l’homme est créé par le dieu suprême. C’est une vision intégrée de l’être humain où chaque composante est importante pour comprendre l’être : âme, souffle, force vitale, corps. Quand je suis allé à l’université, dit l’orateur, je me suis rendu compte qu’il ne fallait pas négliger le rôle des esprits. Je me suis aussi rendu compte en France que ce n’était pas oublié même loin de l’Afrique.
La conception de la personne humaine en Afrique évolue face aux défis contemporains. Un enfant est élevé par tout le village, disait-on… , est-ce toujours vrai ?… la famille se nucléarise. La justice est souvent restauratrice non punitive, on cherche à réparer les liens sociaux non à punir les coupables, comme nous l’avions entendu dans la journée d’études consacrée par la Chaire à la justice restaurative ….
L’émigration et les systèmes scolaires occidentaux ont affaibli les structures traditionnelles propres à l’Afrique. L’homme ne peut se suffire à lui-même en Afrique ; il faut transmettre cette culture, l’actualiser pour en faire bénéficier le monde.
Emmanuel Mounier, dans son livre : « L’éveil de l’Afrique », explique comment il faudrait s’appuyer sur la personnalité africaine. Peut-on penser l’histoire comme tremplin de résilience pour balayer les complexes de ma peau noire, et me laisser façonner pour retrouver la fierté de m’inscrire dans le mouvement de l’histoire.


