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Du territoire

Radio Présence a proposé à quelques enseignants de la chaire Jean Rodhain de réaliser chaque semaine sur un sujet d’actualité, un « chronique éthique » de 3 minutes. Elles ont été diffusées entre mars et juin 2019. Retrouvez les ici dans leur intégralité !

Vous avez sans doute constaté la disparition d’un mot dans le vocabulaire journalistique : le mot province. On ne va plus vivre en province, Et si l’on évoque une scolarisation dans un lycée de province c’est pour exposer la difficulté d’intégrer une classe préparatoire d’un lycée parisien. Désormais le mot province est remplacé par le vocable territoires. Que dissimule ce changement sémantique ?

En juillet 2016, un rapport de France Stratégie, commissariat rattaché administrativement au premier Ministre, indiquait : « Comme dans la plupart des économies développées, la décennie passée a été marquée en France par un dynamisme important des métropoles, qui concentrent l’activité à haute valeur ajoutée et les populations qualifiées. Ce dynamisme est un atout pour le pays. Mais les inégalités entre territoires se sont accentuées :

– contrecoup de la désindustrialisation, la moitié nord-est du pays connaît une évolution défavorable ;

– les ressorts de croissance font défaut dans beaucoup de villes moyennes et de territoires ruraux ;

– le développement des métropoles s’accompagne de fortes inégalités en leur sein. » nous ne sommes plus à l’époque de Paris et le désert français stigmatisé  en 1947 par JF Gravier, où paris dominait des provinces caractérisées par « un mode de vie tranquille et démodé » explique le dictionnaire Larousse. La France est désormais faite de territoires dans lesquels une quinzaine de métropoles attirent à elles investissements publics et privés, population très qualifiée, et activités culturelles.

Si cette dynamique est une chance pour la France, comme le stipulent les auteurs du rapport, les conséquences négatives évoquées, se traduisent par des niveaux de taux de chômage  de 6 à 16% en moyenne selon les départements, des espoirs de promotion sociale beaucoup plus faible selon que, fils d’ouvrier, vous êtes né en Picardie ou en Ile de France, un accès aux professionnels de santé variant de 1 a 3 selon que vous vivez dans l’Indre ou à Paris. Et si par le jeu des transferts sociaux, la dépense publique joue encore un rôle de péréquation entre territoires, la figure de l’état aménageur volontariste des années 70 est bien révolue.  N’est ce pas ce que crient certains gilets jaunes ?

L’objectif  de cohésion territoriale annoncé au niveau européen depuis 25 ans ou dans la loi Notre votée en 2015 ne se traduisent guère dans des actions qui permettraient aux métropoles de diffuser leur dynamisme et aux territoires de résoudre la problématique de leur éloignement vis-à-vis des espaces métropolitains. Quid de l’accès à la formation supérieure (logements étudiants), de l’accès au haut débit annoncé pour 2022, de la disparition des zones d’ombre téléphoniques, des « déserts médicaux ». Quelle régulation de la concurrence fiscale pourrait servir d’instrument de correction des inégalités territoriales ? Sans réponse à ces questions, peut-on évoquer une véritable cohésion sociale sur un territoire et éviter un sentiment de déclassement pour ceux dont nous avons besoin qu’ils fassent vivre ces territoires qu’on appelle ruraux.

 

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