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A propos de l’éventail des salaires en France

Radio Présence a proposé à quelques enseignants de la chaire Jean Rodhain de réaliser chaque semaine sur un sujet d’actualité, un « chronique éthique » de 3 minutes. Elles ont été diffusées entre mars et juin 2019. Retrouvez les ici dans leur intégralité !

Après une première revendication contre les taxes sur les carburants, les gilets jaunes ont porté principalement leurs demandes sur la question des salaires. Ils n’ont pas entamé des mouvements de grève mais choisi de critiquer la dispersion des niveaux de salaires, et ont particulièrement ciblé la haute fonction publique, les députés et les grands patrons.

Qu’en est-il des niveaux de salaire, de leur dispersion, que suggère-t-elle en matière d’égalité des chances ?

En France fin 2015, le salaire brut mensuel moyen (pour une activité à plein temps 35h) est de 2998 euros, soit environ 2 fois le smic. Le salaire net moyen des cadres est de 2,5 fois plus élevé que celui des employés et de 20% supérieur a celui des femmes cadres , dans l’industrie du raffinage le salaire net moyen est plus de 2 fois supérieur à celui de la restauration.

Le gouverneur de la banque de France reçoit 29.237 euros brut par mois, C. Jouanno présidente de la Commission nationale du débat public 14.709 euros, le chef de l’état 13.884 euros.

Il y a bien sur des explications logiques à ces écarts mais aussi de véritables inégalités !

Le niveau de diplômes et des responsabilités conduit à des écarts de salaires mais reflète le pouvoir élevé de négociation des cadres.

Les écarts hommes-femmes s’expliquent par leur moindre accès aux postes à forte responsabilité, malgré leur plus forte diplomation. Que dire de ce « rendement » différent des diplômes ?

 Les écarts intersectoriels s’expliquent par les variations d’intensité de la main d’œuvre . Là où un grand nombre de salariés sont nécessaires par unité de production, les salaires sont généralement plus faibles. Dans une économie mondialisée très concurrentielle le rôle de la négociation menée par les syndicats lors des conventions collectives est ici primordial

Le niveau élevé de certains salaires de la fonction publique est depuis de nombreuses années mis en cause par la cour des comptes qui se heurte à certaines associations d’anciens de grandes écoles.

Comme l’explique le philosophe Patrick Savidan, L’égalité des chances ne présuppose pas l’absence de hiérarchie sociale tant que l’accessibilité aux différentes positions sociales est fluide. Si un fils d’ouvrier peut prétendre à la position d’un médecin, l’écart de salaire entre le médecin et l’ouvrier est accepté. Aujourd’hui, les étudiants en médecine, fils d’ouvrier représentent 10% des promotions. Ils ont 2,5 fois moins de chance d’être reçus au concours de fin de 1° année.

Une vision éthique de la rémunération du travail suppose de s’attaquer à ces inégalités là comme à celles des écarts de salaires hommes-femmes, comme aux supers salaires de hauts fonctionnaires ou des grands patrons. La pérennité de ces inégalités affecte le système de solidarité et compromet la démocratie car elles mettent à mal la confiance envers les syndicats, les hommes politiques et les institutions.

 

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