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L’accès aux soins

Radio Présence a proposé à quelques enseignants de la chaire Jean Rodhain de réaliser chaque semaine sur un sujet d’actualité, un « chronique éthique » de 3 minutes. Elles ont été diffusées entre mars et juin 2019. Retrouvez les ici dans leur intégralité !

Obtenir un rendez-vous médical, attendre de longues heures aux urgences, s’angoisser à l’idée de  rouler 60km de nuit pour aller accoucher, autant d’étonnement et d’inquiétudes pour des français, habitués à disposer de services de santé de qualité largement pris en charge par la sécurité sociale. Le rapport de la cour des comptes, le projet de loi « ma santé 2022 » ciblent des points critiques. Personne ne nie une certaine dégradation de l’accès aux soins. Mais, parallèlement, l’espérance de vie des français a atteint 79 ans et demi pour un bébé de sexe masculin né en 2017 et 85,3 ans pour un bébé fille et les dépenses annuelles de santé représentent près de 3000 euros par habitant[1]

Que se passe-t-il ? Comment se répartissent les responsabilités ?

La métropolisation des territoires, que nous évoquions la semaine dernière, se traduit par une diminution de la densité de la population dans les petites villes et les territoires ruraux, et donc une baisse de l’activité des prestataires de soins hospitaliers, avec son corollaire de déficits mais aussi de réduction de l’expérience sur les pathologies peu fréquentes. Elle incite les pouvoirs publics à fermer certaines structures et à répartir les prestations par spécialité entre les hôpitaux de proximité, les CHU et les centres hospitaliers. Un dilemme apparaît entre proximité et qualité des soins.

La pérennisation du numérus clausus en 1° année de médecine conduit à ne pas encore retrouver en 2018 les effectifs étudiants admis en 2° année de médecine que l’on avait en 1972. Les médecins qui quittent leur cabinet ne sont pas remplacés par une nouvelle génération, par ailleurs plus exigeante en termes de localisation géographique et de temps de travail. Rappelons que 75% d’entre eux travaillent au moins 50 heures par semaine. Peut-on rendre compatible la liberté d’installation des médecins et une certaine redevabilité sociale des étudiants en médecine dont les études sont très largement prises en charge par la nation ?

La disparition progressive du médecin de famille conduit à une fréquentation des urgences hospitalières qui est passée de 10 millions à 20 millions de passages en 18 ans. Pourtant au moins un tiers des actes concernés relèvent d’un médecin généraliste. L’assurance maladie estime à 227 euros le coût d’un passage aux urgences. Pourquoi appelons-nous si souvent le 15 ?

Notre état de santé est affecté aujourd’hui par une diminution de la qualité de l’air, par notre exposition aux produits chimiques, par notre vieillissement mais aussi, par ce que les médecins appellent le trio infernal, tabac, alcool, obésité qui conduit au développement de maladies chroniques (cancers, diabètes, maladies cardio-vasculaires). Si le philosophe P.H Tavoillot nous engage à ne pas moraliser la santé, le gestionnaire des hôpitaux évoque le coût élevé du traitement de ces maladies dont un tiers pourrait être évitées.

Face à un accès plus difficile aux soins, il est sans doute temps de s‘interroger sur la multiplicité des responsabilités politiques, administratives, médicales, mais aussi individuelles .


[1] dont 77% sont prises en charge par la sécurité sociale via les charges sociales

 

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