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Mot de bienvenue au colloque « Gouvernance et Collégialité »

Mot de bienvenue

Bienvenue à tous et à chacun, acteurs de terrain, étudiants, universitaires d’horizons divers, et participants nombreux, bienvenue tout d’abord à l’Institut Catholique de Toulouse, et bienvenue à ce Colloque prometteur que nous avons la joie d’ouvrir ensemble. Ce serait un comble que l’ouverture d’un colloque portant sur « gouvernance, collégialité, innovation » soit l’affaire d’un seul, en l’occurrence votre serviteur, alors qu’il a fait l’objet d’une préparation concertée, qualifiée, de la part des responsables de la Chaire Rodhain et de l’une des quatre thématiques de l’Unité de recherche de l’ICT (TR 3 « Éthique, Science et Santé »), Mesdames Marie-Christine Monnoyer et Véra Walburg, en lien avec tous les intervenants concernés.

Ce Colloque qui s’ouvre aujourd’hui, sur le thème « gouvernance, collégialité et innovation dans les organisations à but social », est un colloque de recherche appliquée. En tant que tel, il semble d’autant plus prometteur que vous avez résolument opté pour la réunion d’universitaires aux spécialités diverses et d’intervenants autrement mais non moins qualifiés par leur expérience du terrain et la sagesse dont ils sont porteurs : bienvenue aux membres du Groupe Amitié et Fraternité (GAF), de l’Arche, du Secours Catholique, des Apprentis d’Auteuil, et d’autres associations ou organisations à but social qui sont ou seront présentes à tout ou partie de ce colloque.

Puisque c’est en tant que serviteur de l’Unité de Recherche qu’il me revient de vous adresser ces quelques mots de bienvenue, permettez-moi de vous partager très brièvement quelques réflexions qui seront celles d’un non-spécialiste qui pratique néanmoins assidûment le croisement des disciplines et surtout qui éprouve toujours une authentique joie à valoriser le labeur des autres. Il me semble d’ailleurs qu’il y a là une valeur qui n’est pas étrangère au thème de votre colloque.

« Gouvernance, collégialité, innovation dans les organisations à but social ». « Vers une fraternité créative, comment mettre l’autorité au service de la personne vulnérable et du bien commun ».

En lisant et relisant les termes de cette thématique ambitieuse, plusieurs pistes de réflexion me sont venues à l’esprit, et peut-être rejoindront-elles les éclairages et les apports qui seront les vôtres durant ces deux jours.

1 – Tout d’abord, il me semble que votre recherche commune présente un caractère authentiquement radical, au sens où la référence aux personnes vulnérables, autrement dit aux pauvres que nous sommes tous quelle que soit la forme de nos pauvretés, ne relève pas d’une sorte de romantisme désincarné mais s’inscrit dans le réel. La racine de la formation et de la permanence des divers groupements humains, en particulier des organisations à but social présentes à ce colloque, tient en ceci : l’autre, les autres, ne sont pas (pour vous) des êtres en général, mais des hommes et des femmes concrets (qui se différencient et s’organisent en fonction de l’histoire, des cultures, de la sexualité, etc.), et qui sont la norme de la croissance (bien comprise). Le mot croissance étant employé ici au sens de croissance humaine, morale, sociale, ecclésiale, spirituelle. La norme de la croissance c’est l’autre, ce sont les autres, afin que tous puissent être des hommes.

2 – Ensuite, vous ne serez pas surpris que l’objectif énoncé mettant en relation exercice de l’autorité et bien commun ait conduit votre serviteur à se souvenir d’un ouvrage de référence sur le sujet (Autorité et Bien commun : aux fondements de la société, rédigé en 1941-1942, publié en 1944, puis réédité en 1969 et en 2015) de la plume du jésuite Gaston Fessard (1897-1978).

Dans les actes d’un colloque précédent Vulnérabilité et innovation sociale, disponible aux Presses universitaires de l’ICT, il est fait référence explicitement à cet auteur, l’un des plus grands esprits du XXe siècle. En particulier pour sa mise en valeur de la distinction entre différents pouvoirs : le pouvoir de fait, le pouvoir de droit, et le pouvoir de valeur, auquel il faudrait peut-être ajouter le pouvoir du lien (notamment filial, familial, social) qui nourrit le besoin de sécurité. Ne serait-ce pas la présence dynamique sans domination de l’un sur l’autre de ces pouvoirs qui donne à l’individu, au groupe, à l’organisation à but social, plus largement à l’humanité la capacité à agir concrètement dans le réel ? Par suite, l’innovation à concevoir et à promouvoir (en particulier au sein des organisations à but social) n’est-ce pas la mise en œuvre conjointe de ces pouvoirs toujours en besoin de quelque rééquilibrage ?

3 – Enfin, dernière considération connexe à ce que je ne fais que suggérer afin de ne pas risquer de déséquilibrer d’emblée les « pouvoirs » au sein de votre colloque : la vie m’a enseigné, particulièrement dans les moments d’épreuve relationnelle, que rien n’est plus innovant que le respect, surtout s’il est mutuel. Le verbe re-spectare en latin signifie regarder à nouveau, par suite poser sur l’autre un regard toujours neuf. En ce sens, il se pourrait bien que l’innovation par excellence demeure ce que nous appelons depuis deux millénaires la Bonne Nouvelle, à condition qu’elle soit vécue.

Étienne Richer,
délégué scientifique de l’UR-CERES.Mot de bienvenue

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